L’accessibilité universelle est un concept qui permet à une personne d’accéder à un bâtiment ou à un lieu public, de s’y retrouver, de s’y déplacer et d’y utiliser les services offerts en vivant les mêmes expériences que tous les usagers sans obstacle. L’accessibilité universelle est assurée par des aménagements qui répondent aux besoins de toute la population, incluant les personnes qui possèdent des limitations fonctionnelles. De manière générale, les entreprises se limitent aux handicaps visibles lorsqu’il est question de concevoir des adaptations. De leur côté, les handicaps invisibles sont souvent oubliés, surtout la surdité. Les personnes sourdes et malentendantes se heurtent à des obstacles journaliers dont autrui n’a point conscience et qualifierait de simples. Plusieurs ne font pas mention de leurs problèmes de communication parce qu’elles savent qu’elles ne vont pas passer beaucoup de temps avec leur interlocuteur, notamment en raison d’une rotation possible du personnel qui n’est pas toujours au courant des services accessibles. Les employés ne savent pas toujours comment réagir et oublient d’appliquer les consignes demandées par leurs clients (ex. : éviter de porter un masque sur la bouche, parler face à face et moins vite, etc.).

Un sondage concernant les difficultés des personnes malentendantes dans les lieux publics a été réalisé par l’Association des personnes avec une déficience de l’audition (APDA). Celui-ci révèle plusieurs situations problématiques dans les restaurants, les transports en commun et les établissements de santé : une musique trop forte empêche de converser convenablement, une annonce urgente transmise par interphone ou par microphone n’est pas saisie, les médecins refusent la présence d’interprètes dans la salle d’examen, l’administration crie l’appel de noms plutôt que venir chercher la personne dans la salle d’attente alors qu’elle en a fait la demande, puis les préposés administratifs et les infirmiers qui refusent trop souvent d’acheminer les rendez-vous ou les notifications par courriel.

 

Alors, comment sensibiliser votre personnel à la surdité ?

Vous pouvez inclure l’information nécessaire dans un guide et former les employés pour ce type de sensibilisation tant pour les gestes à poser que pour rendre disponible des accessoires adaptés au sein de votre entreprise comme le service de relais téléphonique. Pensez aussi à mettre un rappel près de votre ordinateur à l’accueil de votre entreprise. Il peut s’agir d’une affiche qui conseille comment aborder une personne sourde ou malentendante. Par exemple, attirer l’attention de la personne atteinte d’une surdité en lui touchant doucement le bras, veiller au sous-titrage sur les écrans de télévision, s’assurer que le prix de la caisse enregistreuse soit visible et bien éclairer votre établissement pour faciliter la lecture labiale permettent de mieux interagir avec cette clientèle.

 

Engager des personnes avec une déficience auditive est également une excellente façon de sensibiliser votre personnel à la surdité. Vous ferez de votre milieu de travail un lieu inclusif et positif. Les personnes sourdes et malentendantes possèdent plusieurs compétences qui peuvent vous être utiles. Elles sont très bien placées pour vous aider à apporter des changements à l’intérieur de votre entreprise. Oui, il est vrai que vous devrez investir un peu financièrement et en temps pour les accommoder. Des adaptations au niveau des tâches ou des heures de travail seront peut-être à envisager. Sachez toutefois que vous pouvez obtenir de l’aide : le gouvernement a des programmes adaptés et des organismes comme l’IRDPQ peuvent vous obtenir du soutien pour des ressources spécialisées.

 

Enfin, rendre vos lieux plus accessibles aux personnes sourdes et malentendantes a de nombreux avantages. Vous aurez une clientèle plus élargie et la qualité de vie de vos employés sera améliorée. De plus, vous vous démarquez aux yeux des consommateurs en soutenant la différence et en démontrant une pratique plus respectueuse et humaine auprès des personnes vivant avec une surdité.

 

Révision et correction : Ariane Millette