Elle se cache derrière Sushi à la Maison.
Elle est présente sur les écrans de télé et sur les rayons de vos libraires.
Tout semble lui réussir. Pourtant, Geneviève Everell (29 ans) n’a pas eu un
parcours facile. « Les sushis m’ont sauvé la vie », insiste-t-elle en
souriant.

Guide
Entrepreneur : Comment décrire votre parcours ? Peut-on dire qu’il
est atypique ?

Genevière Everell : Atypique ?
Lorsque vous avez été élevée dans la misère, l’alcool et la violence, que vous
avez été abandonnée par vos parents toxicomanes et que vous parvenez à vous en
sortir, oui, on peut dire que vous avez eu un parcours plutôt atypique. Quelles
étaient les chances que je m’en sorte ? Elles étaient proches de zéro.

Comment
êtes-vous parvenue à quitter cet univers sombre dans lequel vous avez grandi ?

En décidant de ne pas emprunter le même chemin
que mes parents. Ça n’a pas été simple tous les jours, bien sûr, mais j’ai une
vraie force intérieure. Je me suis rendu compte que la vie ne rimait pas
uniquement avec alcool et drogues.

Comment
les sushis sont entrés dans votre vie ?

À 19 ans, j’ai appris à faire des sushis
dans un petit restaurant de Québec, dans mon quartier de Limoilou. Et j’ai immédiatement
accroché. C’est devenu une passion. Ça peut paraître risible mais les sushis
m’ont sauvé la vie. J’ai développé un véritable amour pour les sushis.

Quand
avez-vous pris goût à l’entrepreneuriat ?

Je suis une entrepreneure-née. Je ne pense pas
qu’on devienne entrepreneur, c’est une véritable vocation. J’ai par contre eu
la chance de me retrouver très jeune dans un restaurant, où j’ai pu découvrir
et exploiter ma passion.

Et
Sushi à la Maison est né.

Le concept a vu le jour en 2007, je dirais que
j’en vis depuis 2011. Depuis, j’ai rédigé des ouvrages, eu ma propre émission
de télévision, sorti des produits dérivés. J’exploite toutes les facettes du
métier, mais avec toujours la même priorité : les sushis et les tartares.

Quels
sont vos prochains défis ?

Il me reste des centaines de défis, des
milliers de rêves à réaliser. Je prépare un autre livre, d’autres produits
télé…

Quel
conseil donneriez-vous à un jeune qui rencontre de grandes
difficultés, semblables à celles que vous avez vécues ?

Parler, parler et encore parler. Moi, ça m’a
énormément aidée de rencontrer des gens prêts à m’écouter : des
professeurs à qui je faisais confiance, un psychologue, des professionnels de
la santé, … Ne gardez pas ça pour vous, évacuez votre colère, votre tristesse,
confiez-vous. Parler, c’est aussi se donner la chance de tomber sur quelqu’un
qui sera prêt à vous offrir son aide.

Mercredi
prochain, vous donnerez une conférence
au cégep Limoilou
. Comment réagit le public lorsque vous abordez votre
passé ?

Il y a toujours beaucoup d’émotions dans mes
conférences. Pas de la pitié, de l’émotion. Les gens sont touchés par mon
histoire. Je fais tout pour dédramatiser la situation. Je ne me suis jamais
apitoyée sur mon sort. Mon objectif n’est pas de me plaindre mais de donner une
grande claque dans le dos des spectateurs. Je pense que quand on voit ma
détermination et ma joie de vivre, on comprend le message principal :
prends ta vie en main !

Crédit photo: Facebook – Geneviève Everell / Conférencière, Coach, crée ton conte de fées.