Lebeau & Lebon n’a rien d’une agence de
branding ordinaire. Plutôt que
d’intervenir ponctuellement, elle entend accompagner les entreprises tout
au long de leur développement. « On embarque dans l’aventure, on partage
les risques pris. »

Quand
le premier commence une phrase, le second la termine. Si l’un avance une idée,
l’autre opine immédiatement. Et quand le stratège communication donne un
exemple, le directeur créatif vous regarde, mi-décontenancé, mi-amusé :
« J’allais dire exactement la même chose ! »

Jonathan
Lebeau et Éric Trudel ressemblent à ces vieux couples qui ont tout vécu et ne
doivent plus se parler pour mettre en commun leurs idées. Pourtant, les deux
hommes se sont rencontrés il y a quelques mois à peine. « Éric m’a
contacté en 2014 pour un mandat. Et ça a bien fonctionné », se souvient le
dirigeant de Lebeau & Lebon.
« Ni trop con, ni trop compliqué : j’ai apprécié », ajoute son
acolyte. « Dans les relations humaines, il n’y a pas de recette
magique : la chimie, ça ne s’achète pas chez Costco. »

Créativité et efficacité

Passé
par plusieurs boîtes de communication, Jonathan Lebeau décide voici trois ans
de se consacrer entièrement au branding
et de fonder sa propre agence. Éric Trudel embarque dans le projet peu de temps
après. Les deux professionnels se complètent : le fondateur est un
créatif, son bras droit un efficace. « Dans notre secteur, il faut un peu
des deux : les idées et le sens des affaires. Tu peux avoir le cerveau le
plus productif, il faut bien faire sonner la caisse en bout de ligne »,
glisse M. Lebeau.

Si
leur parcours est relativement similaire, les deux ressentent également une
même envie de réinventer leur travail et leur modèle d’affaires. « Sans
prétention aucune », assure Jonathan Lebeau. « Nous ne sommes pas révolutionnaires
mais idéalistes. » L’idée est de miser sur un mode de rémunération
alternatif et un partage des risques. « On ne cherche pas des contrats
ponctuels, on vise vraiment le long terme », explique Éric Trudel.
« On agit un peu comme un département qui existerait au sein-même de
l’entreprise, on évolue au rythme de nos clients. Il y a beaucoup de proximité,
parfois même de l’amitié qui naît. » « On veut s’investir aux côtés
des marques, s’impliquer à fond chez les clients », poursuit le
président. « D’autres agences fonctionnant sur ce modèle, je n’en connais
pas. On accompagne les entreprises, on embarque dans l’aventure avec elles. »

Jeunes entrepreneurs
admis

Lebeau
& Lebon n’a donc pas de bureaux mais une équipe de collaborateurs
expérimentés, de seniors. « Éric
et moi constituons le noyau dur. Pour le reste, on monte l’équipe en fonction
des besoins, des projets. Quand j’ai commencé, je voulais m’entourer de gens
souhaitant faire de grandes choses. Il me faut de l’ambition et de la passion,
tant du côté des clients que des collaborateurs. Il n’y a rien de plus trippant
qu’un client qui vient nous voir avec des valeurs et des défis. On met les
ressources nécessaires pour atteindre les objectifs, aussi fous soient-ils,
mais on ne te vend pas ce dont tu n’as pas besoin. »

L’agence
ne se contente pas pour autant de « gros » clients.
« L’envergure, c’est une question de potentiel, ce n’est pas là où tu es
rendu, mais là où tu veux aller», rappelle Jonathan Lebeau. Trop de jeunes
entrepreneurs québécois hésitent avant d’investir dans le branding, persuadés que cet investissement est réservé aux joueurs
plus importants. Dès la genèse d’un projet, les deux experts conseillent
pourtant de consacrer une partie des budgets à ce chapitre primordial.
« En 2016, avoir un logo ne suffit bien souvent pas, une entreprise doit
avoir une personnalité, des valeurs, des actions sociales, un comportement. Tout
ça, ça donne une marque », résume M. Lebeau. « Le branding, c’est l’ADN de l’entreprise.
Les entrepreneurs doivent aussi voir ça comme un accélérateur. Et pourquoi
attendre pour avancer ? », interroge M. Trudel. « Bien
faire les choses dans l’immédiat ne coûte pas plus cher que de le faire plus
tard. Et c’est là que notre modèle de partage de risques prend tout son
sens. »