Avec
le vieillissement galopant de la population québécoise se pose la question de
l’offre en loisirs dans les résidences. Grâce à un réseau de professionnels,
Alaviva propose des activités variées et adaptées. « Il faut briser
l’isolement et faire oublier les handicaps éventuels », affirme la
présidente.

« Moi,
quand je serai vieille, je ne veux pas passer mes journées à jouer au
bingo. » Andrée Pelletier ne prendra pas sa retraite avant plusieurs
années. Malgré tout, la jeune femme s’est récemment penchée sur la question de
l’offre en loisirs proposée aux aînés. Et son constat fut des plus tristes.
« La plupart des gens que je connais qui entrent en résidence veulent une
offre élaborée. Durant leur vie et durant leur carrière, ces gens ont voyagé,
découvert, rencontré, goûté,… Ils ont eu une consommation de loisirs très
active durant toute leur vie. Et puis soudain, on les place dans une offre de
loisirs ‘passive’. »

Pour
offrir aux retraités des activités diversifiées et les encourager ainsi à
rester actifs, Andrée Pelletier a fondé, voici quelques mois,
Alaviva.
L’objectif de cette entreprise « sociale, créative et technologique »
est d’améliorer les milieux de vie des ainés par l’organisation d’activités et
d’animations. « Nous voulons rendre ces espaces dynamiques et y implanter
un haut niveau de relations sociales », poursuit la présidente d’Alaviva.

Les
activités proposées relèvent de six catégories : intellectuelle,
sociale, culturelle/créative, spirituelle, physique et de divertissement. Les
publics visés sont variés et vont du jeune retraité autonome à la personne
lourdement handicapée ou particulièrement atteinte au niveau cognitif. Alaviva
se concentre pour l’heure sur les résidences, les centres communautaires et les
groupes de condos. Les responsables de ces établissements doivent simplement
consulter la liste des activités qui les intéressent et les horaires
proposés. « Et en un simple clic, le rendez-vous est pris. »

Déjà une trentaine de
professeurs

Pour
animer ces activités, l’entreprise fait appel à une équipe d’une trentaine de
professionnels issus du monde de la culture, du loisir, de l’activité physique,
du bricolage… « Ce ne sont pas des spécialistes des ainés à la base mais
ils le deviennent au contact des autres professeurs et des résidents. On leur donne aussi une formation. Il
y a un processus d’évaluation et d’amélioration continu », précise Andrée
Pelletier. « Les professeurs sont des travailleurs autonomes, libres de
proposer une activité, libres de choisir leur territoire. Ils sont responsables
de tout ce qui est nécessaire pour leur animation, comme par exemple le
matériel. Ils ont la liberté d’animer selon leur style. C’est à eux de
s’adapter à d’éventuels handicaps. »

Actuellement
active dans la grande région métropolitaine de Québec, l’ambitieuse entreprise
pourrait proposer ses services dans d’autres coins de la province, du côté de
Montréal notamment. « Mais on veut d’abord assurer une bonne base ici
avant de s’exporter ailleurs. »

Parmi
les principaux défis auxquels Alaviva fera face durant les prochains mois, on
trouve évidemment le besoin de se faire connaître et reconnaître par le milieu.
« Nous devons leur faire comprendre que l’organisation de ces loisirs et activités ne
doit pas être considérée comme une dépense mais un investissement
utile. »

Alors
que les babyboomers franchissent le
cap des 70 ans et dans un contexte de vieillissement global de la population québécoise,
Andrée Pelletier estime que notre approche de la vieillesse doit changer.
« Lors d’une récente activité, l’un des participants, pourtant très
affaibli, est venu me voir et m’a confié s’être senti ‘comme une vraie
personne’. Faire disparaître les traces de l’âge, l’isolement ou le handicap le
temps d’une activité, c’est notre plus belle récompense. »