Du développement logiciel, de l’accompagnement de startups et l’objectif de transformer un
jour ses locaux en véritable écosystème : Spektrum voit large. Et d’un œil
nouveau. Tout en ciblant et sélectionnant.

« Si je vais
trop vite, tu m’interromps! » Georges Saad parle beaucoup et
réfléchit très rapidement. Et inversement. Maîtrisant son sujet, le jeune homme
devance les questions et, à grand renfort de gestes précis et vifs, dresse la
liste des projets et des défis qui attendent
Spektrum. Fondée voici sept ans
par quatre passionnés (« La crème de la crème », lâche-t-il avec
assurance), Spektrum n’est définitivement pas une bo
îte comme les autres. À
plus d’un titre.

L’agence, dont les
bureaux au look industriel se trouvent – évidemment – dans Saint-Roch, se
spécialise avant tout dans le développement web : plateformes, sites
Internet, applications, intranet sont développés pour des clients triés sur le
volet. « C’est notre boutique. Nous sommes 18 employés : lorsqu’un
projet nous est proposé, on ne l’accepte que s’il fitte avec notre culture, avec nos valeurs. On fait ensuite une
réunion et le développeur le plus intéressé par le dossier le recevra. Personne
ne doit bosser sur un projet contre son gré. Résultat : ces gars, qui sont
déjà parmi les meilleurs dans leur domaine, sont en plus ultra-motivés. Ça
donne du travail de très haut niveau! »

Logique d’intrapreneurship

Spektrum agit
également comme une pouponnière d’entreprises. La particularité réside dans le fait que les
concepteurs des dossiers retenus viennent tant l’extérieur que de … l’intérieur
de la boîte. Les employés de Spektrum travaillent, du lundi au jeudi, sur les
commandes de développement. Le vendredi est consacré au perfectionnement et aux
projets personnels. « Cela peut sembler contre-productif, mais nous
encourageons nos équipes à se partir en business »,
explique le directeur général. « Ceux qui travaillent ici sont vraiment
bons, ils ont un potentiel énorme : s’ils partent pour quelque chose qui
les fera davantage tripper, pourquoi
on les en empêcherait? C’est de l’intrapreneurship. »
Signsquid
(signatures électroniques) et
Snipcart (commerce en ligne), aujourd’hui
autonomes, ont ainsi suivi ce parcours atypique.

Des entrepreneurs
extérieurs viennent également frapper à la porte de Spektrum. Mais une fois
encore, seuls certains projets seront retenus. « Il faut toujours que cela
colle à nos valeurs. Nous ne sommes pas un incubateur ou un fonds
d’investissements, on ne se lance que s’il y a une valeur ajoutée. On attend de
l’entrepreneur qu’il se présente ici avec bien plus qu’une idée : il doit
déjà avoir un dossier bien avancé, viable. Nous, on lui offrira notre
expertise et une structure solide. Nous ne somme pas des exécutants mais des
conseillers, des accompagnateurs. »
GoSoumission ou XpertSea ont par exemple reçu l’aide de Spektrum en faisant partie de ce programme.
« GoSoumission a toujours été installé dans notre espace de startups, le
Bnkr, tandis que XpertSea et leurs aquariums ne se sont évidemment pas établis
dans nos bureaux. »

Qualité plutôt que quantité

Durant les
prochaines années, plusieurs autres concepteurs pourraient suivre la même voie.
« L’immeuble nous appartient. À terme, l’idée serait de constituer ici une
école d’entrepreneuriat, un écosystème dans lequel les meilleurs geeks et les entrepreneurs les plus
motivés se croiseraient », glisse, sourire aux lèvres, Georges Saad. Pour
bâtir cette culture d’excellence et d’entrepreneuriat, les membres de Spektrum
s’impliquent déjà au niveau collégial et dans le
Défi OSEntreprendre.

Alors qu’elle
pourrait accompagner moult projets et tripler de volume en employant tous ceux
qui sont assez habiles pour développer, Spektrum préfère conserver une taille
« humaine » et se concentrer sur « la qualité et la
diversité ». Déjà reconnue à l’international (elle gère notamment des
projets de développement pour Tourisme Tahiti), la société pourrait
éventuellement poser un jour ses bagages de l’autre côté de l’Atlantique. Mais
pour l’heure, Spektrum reste à Québec. Et les skaters-développeurs admirent, ravis, la vague numérique qui
submerge la ville. Vivement les prochains vendredis!