1. Besoin d’accomplissements

Ces hommes et ces femmes ressentent un réel besoin d’avancer, de s’accomplir, de réaliser de grandes choses. Ils vont reporter les louanges immédiates pour récolter, plus tard, des récompenses plus importantes.

« La grande majorité des entrepreneurs se contenteront d’une entreprise qui leur permet de gagner leur vie, sans ressentir un important besoin de croissance. S’ils sont capables d’en vivre, s’ils sont heureux comme ça et si leur entreprise se porte bien ainsi, tant mieux, évidemment », souligne le professeur Etienne Saint-Jean (UQTR), spécialiste de la psychologie des entrepreneurs. « Mais une infime proportion d’entrepreneurs va vouloir aller plus loin, relever de plus grands défis. »
2. Prise de risques calculés
Pour réussir, il faut prendre des risques. Les leaders le savent et ne s’en privent pas. Mieux : la plupart d’entre eux aiment se mettre en danger, persuadés qu’ils sont que tous les risques pris restent calculés et maîtrisés. « Néanmoins, vous aurez beau avoir l’impression de tout savoir, de tout connaître, il restera toujours une part de risque incalculable, comme, par exemple, la réaction de la concurrence. Mais cette incertitude ne freine pas les leaders. Ils n’ont pas la même perception du risque que les autres citoyens. Le risque les attire, assure l’enseignant trifluvien : « Ajoutez à cela un fort degré d’optimisme généralisé et vous comprendrez pourquoi le risque n’effraie guère ces entrepreneurs à succès. »
Gare toutefois aux excès : trop de risques incalculés et un optimisme débordant peuvent s’avérer nuisibles. Ou refroidir les plus fidèles collaborateurs.
3. Chefs d’équipe solitaire
« Ces self-made-men et self-made-women ont envie de réussir seuls, ils veulent qu’on se souvienne de leur nom, mais pour atteindre leurs objectifs, ils savent qu’ils n’ont pas le choix d’opérer en équipe », résume Guy Verret, responsable du Profil entrepreneurial (Université Laval).
Entourés d’associés, d’employés, de collaborateurs, de conseillers ou de clients, les décideurs ne sont finalement jamais isolés. Et ils profitent de cette nombreuse présence autour d’eux pour récolter de précieuses informations qui guideront leurs choix.
« J’ai la nette impression que les leaders de demain seront davantage des joueurs d’équipe », précise Maripier Tremblay, professeure agrégée au sein du département de management, FSA ULaval. « La vision traditionnelle du dirigeant seul à la barre de son bateau pourrait peu à peu disparaître. »
4. Travailleurs acharnés
Si la chance sourit aux audacieux, le succès, lui, récompense les plus travaillants. Véritables bêtes de somme, les leaders ne comptent pas leurs heures et ne ménagent pas leurs efforts. Généralement dotés d’excellentes prédispositions psychologiques et physiologiques, ils peuvent accumuler les lourdes semaines de travail et les périodes de stress.
« Ce qui implique souvent de devoir renoncer aux vacances, aux moments passés avec la famille… Mais, une fois encore, leur désir d’accomplissement est tel qu’ils ne voient même pas ces heures supplémentaires comme des corvées », glisse Etienne Saint-Jean.
5. En quête d’admiration
Mais qu’est-ce qui fait courir ces hommes et femmes d’affaires ? L’argent ? Le pouvoir ? L’envie profonde de marquer l’Histoire ? « Un peu de tout cela sans doute », confirme Maripier Tremblay. « Mais j’ajouterai la passion. Ces leaders aiment ce qu’ils font et c’est un élément essentiel quand on fait le choix de consacrer une si grande partie de sa vie à un projet d’une telle ampleur. »
S’ils veulent accomplir de grandes choses, ces leaders espèrent surtout que le reste du monde s’en apercevra. « Les entrepreneurs sont plus narcissiques que la moyenne de la population », estime Etienne Saint-Jean. « Ils sont persuadés d’être les meilleurs, mais il est à leurs yeux indispensable d’être vus comme étant les plus forts, les plus drôles, les plus intelligents… »