L’authenticité et
la vérité ne sont peut-être pas les deux valeurs les plus populaires dans le
monde de l’entrepreneuriat. Pourtant, nombre de dirigeants gagneraient à les
utiliser davantage, selon l’Association des Femmes Entrepreneures de Québec.

« Je travaille
avec mon conjoint, avec une de mes tantes et avec mon père. Ajoutez à cela le fait que je suis une femme et
une personne très ambitieuse et authentique et vous imaginez à quel point tout
cela peut brasser beaucoup d’émotions… »

Pour sa première
activité de l’an 2016, l’
Association des Femmes Entrepreneures de Québec (AFEQ), conviait ses membres vendredi dernier autour de la thématique
« Prendre sa place avec authenticité, un défi! ». Dans le cadre
de sa série Midi-Vision-Passion, l’organisme avait invité Karine Laflamme,
directrice générale de
Novicom et présidente de la Chambre de commerce de
Lévis, à témoigner de l’importance de la vérité dans le monde de l’entrepreneuriat
et des conséquences qu’elle pouvait avoir. Un témoignage humain, éclairant et,
par moments, émouvant.

« On peut être
authentique sans être un bulldozer, sans briser les gens, en respectant des
valeurs comme le respect et l’amour de l’autre. Le secret réside dans la
manière d’annoncer les choses », a assuré la jeune femme qui a également
appelé les auditrices (et les quelques auditeurs présents) à laisser leur sentiment de culpabilité au vestiaire. « Le défi de l’authenticité est double :
être sincère lorsqu’on est déçu et accepter de décevoir lorsqu’on prend une
décision. »

Indispensable barrière

Réorganiser son
entreprise sans offrir les meilleurs postes aux membres de sa famille ou à ses
proches collègues, c’est évidemment s’exposer à des remarques, à des
remontrances ou à des disputes. « Mais si on est certain que ce
sont les bons choix, pourquoi s’en priver? Il faut se libérer de cet
aspect émotionnel, faire la part des choses. Personnellement, j’ai appris à
dresser une barrière entre ma famille et l’entreprise. » Et Karine Laflamme
de conclure, les larmes aux yeux : « La vie aide toujours celles et ceux qui
osent aller vers la vérité ».

À la tête de la
Chambre de Commerce lévisienne depuis septembre dernier, la femme d’affaires
est persuadée que son authenticité l’a, ici aussi, aidée. « Les gens vrais
veulent faire évoluer les choses. Les responsables de la Chambre ont sans doute
perçu que je m’intéressais à son avenir et que je ne serai pas gênée de pointer
du doigt ceux qui freinent son évolution. »

L’AFEQ, qui vise à
promouvoir l’entrepreneuriat au féminin dans la grande région de Québec et à outiller
les femmes pour que leurs entreprises soient de plus en plus prospères, tiendra
plusieurs autres rendez-vous durant cette année 2016. La
prochaine activité, prévue le 16 février, aura pour objet la réussite des négociations.


Sur la photo,de gauche à droite: Chantal Arguin (Groupe Trifide / Arguin et associés), Karine Laflamme, Gisèle Picard (présidente AFEQ), Natacha Jean (présidente arrondissement des Rivières, membre du comité exécutif de la ville de Québec, en charge de l’entrepreneuriat) et Manon Allard (Mallard RSVP / Réseau Relève Entrepreneuriale du Québec).