Chaque année, dans
nos froides contrées, des millions de bidons de lave-glace sont vendus. Mais ce contenant en plastique n’a rien d’écologique. Le Québécois Pierre Néron a trouvé la solution. Et tente actuellement de convaincre les investisseurs sur la
plateforme Kickstarter.

Pour tout
automobiliste québécois, c’est un geste connu et répété, inévitablement,
plusieurs fois par hiver : remplir le réservoir de liquide lave-glace. Et
si l’hiver dure, les bidons s’accumulent tandis que la facture écologique augmente.
« Nous sommes au 21e siècle et, dans notre province, on
utilise encore chaque hiver plus de vingt millions de barils de plastique,
uniquement pour le lave-glace », se désespère Pierre Néron. « Et je
ne vous parle là que du Québec! Imaginez si je prenais en compte
l’Ontario, le reste du Canada et le Nord des États-Unis… »

L’homme décide donc
de s’attaquer au problème. Après avoir effectué diverses recherches, il met au
point sa première
Station Lave-Glace. « Je viens du monde de la gestion et
du commerce, je n’ai rien d’un ingénieur. Mais je suis un manuel: j’ai
commencé à jouer avec mes outils, à récupérer des éléments, à les assembler, à
les modifier… »

Autorisations fédérales

L’idée est simple : dans les stations-service et garages
traditionnels, des pompes spéciales devront permettre aux automobilistes de
remplir aisément, avec un pistolet, leur réservoir de lave-glace. « Au millilitre
près », précise fièrement le concepteur. « Et ce dernier point m’a
demandé beaucoup de persévérance. » Il lui a en effet fallu satisfaire aux
nombreuses exigences de Mesures-Canada. À l’automne dernier, après trois années
de patience, Pierre Néron reçoit finalement le feu vert de l’agence fédérale.
« Je suis le seul, dans ce pays, autorisé à vendre au millilitre un
liquide autre que l’essence. J’ai dû apporter plusieurs preuves et effectuer
différents tests, démontrant notamment que mon installation résisterait à des
températures plongeant sous les 30 degrés Celsius. » Les bornes intègrent
également un système de paiement sans assistance.

Outre l’avantage
écologique, le propriétaire du brevet note que son produit devrait limiter
les charges de travail et le fardeau des employés des stations-service,
tout en réduisant considérablement les vols. Le consommateur, qui aura l’occasion
de remplir son réservoir 24h/24, pourra plus aisément contrôler sa consommation
et n’aura plus à jongler avec ses barils vides.

Une barrière trop élevée?

Si nombre
d’utilisateurs potentiels, de manufacturiers et de professionnels du secteur semblent
intéressés par le projet, Pierre Néron se retrouve face à un obstacle de taille :
le financement. Le résident de Saint-Bruno de Montarville songe alors à
présenter son produit sur la plateforme
Kickstarter. « Ce site est très
connu et facile d’utilisation, je savais donc que c’était l’un des meilleurs
moyens pour faire parler de mon invention et récolter des fonds »,
explique-t-il.

L’objectif fixé,
500 000 dollars, est élevé. Peut-être trop élevé. Pierre Néron en est bien
conscient. « Mais c’est l’objectif souhaité, la somme dont j’ai vraiment
besoin. Si cette barre n’est pas franchie, je ne toucherai pas un sou. Aux États-Unis,
j’aurais sans doute plus de chances de succès, c’est certain, mais au Québec,
ne nous mentons pas, ça va être compliqué. Si j’échoue, je retenterai sans
doute, en fixant un objectif un peu moins élevé. Mais si les 500 000$ sont
atteints d’ici deux mois, ce sera extraordinaire. »