Un
sondage effectué en ligne par la CIBC auprès de 1 004 jeunes Canadiens âgés de
18 à 34 ans révèle que 67% d’entre eux ont un intérêt marqué pour l’épargne. Il
est intéressant de constater que 82% de ceux qui investissent considèrent
toutefois que leurs connaissances financières sur les placements sont
insuffisantes. (1)

Le
domaine des finances est un milieu qui peut s’avérer relativement complexe. Bon
nombre de personnes considèrent que l’information y est difficile d’accès et
préfèrent faire appel aux services d’un professionnel pour planifier leur
avenir financier et assurer leur sécurité financière. En discutant avec
quelques jeunes entrepreneurs, nous avons pu constater à quel point ces
derniers se distinguent de la masse.

David
Bernier, président du Guide Entrepreneur, croit ainsi qu’il est préférable de
réinvestir ses profits dans son entreprise en vue d’assurer la croissance de
celle-ci. Cela ne l’empêche toutefois pas de faire appel à un conseiller en
sécurité financière pour la protection de sa famille advenant un décès.

Pour
sa part, le président de Nine Dots
Studio
, Guillaume Boucher-Vidal, un jeune entrepreneur émergeant dans
l’industrie du jeu vidéo, ne considère pas que les services d’un conseiller en
sécurité financière soient importants en vue de planifier son avenir financier.
Autodidacte, il est d’avis que l’information en lien avec ce domaine est
facilement accessible à l’aide de
recherche internet et de discussions avec son entourage.

Il
est également intéressant de constater que les jeunes entrepreneurs de la
génération Y ne semblent pas se soucier de la planification de leur retraite.
Certains envisagent de ne jamais cesser de travailler en raison de leur passion
pour ce qu’ils font ou se fient sur le jour où ils se départiront de leur
entreprise pour assurer leur retraite. Mais qu’arrivera-t-il le jour où leur
entreprise connaîtra des difficultés menant à la faillite? Ou que se
passera-t-il si un imprévu les place dans l’incapacité de travailler et que cela
affecte la rentabilité de leur entreprise à un point tel qu’il devient
difficile de s’en départir à bon prix? Il importe d’y penser en vue d’établir
des stratégies qui permettront de contrer ou, dans le pire des cas, d’absorber
le coup dur. Force est de constater que les jeunes entrepreneurs, ayant un goût
marqué pour le risque, se disent qu’ils devront tout simplement se relever et
recommencer à nouveau.

Pendant
ce temps, d’autres ne croient pas en ce concept socialement construit qu’est la
retraite. Selon Guillaume Boucher-Vidal, « les fonds de retraite se basent
sur un système brisé qui impose aux entreprises de prendre des décisions à
court terme afin de garnir les coffres des individus qui pensent au long terme.
Ensuite, ces mêmes compagnies s’écroulent, car elles n’ont pas les outils pour
prendre des décisions à long terme, et plusieurs fonds de pensions en
subissent les conséquences. Au bout du compte, on se retrouve avec des
économies qui ne valent plus tant d’argent une fois l’inflation prise en
compte, à moins d’avoir su très bien jouer ses cartes ou d’être
chanceux. »

Guillaume
souligne ici un point intéressant. Tout d’abord, il apparaît important de ne
pas généraliser à partir de situations isolées. Toutefois, ces situations se
sont bel et bien produites, il est donc pertinent d’établir des stratégies
complémentaires à l’aide d’un conseiller indépendant en vue de contrer ce genre
d’évènements malheureux. J’en profite aussi pour souligner qu’il existe des
options permettant de contrer l’inflation. Votre conseiller vous en a-t-il
parlé?

« Alors,
quelle est la solution? », se demande Guillaume. « Doit-on changer
les régulations du système boursier? Probablement. De mon côté, j’ai
l’impression que ma retraite sera garantie lorsque je réussirai un gros coup en
affaires, qui règlera une fois pour toute la question. J’ai encore bien du
temps pour y arriver, mais d’ici là, je suis conscient que je devrais mettre
plus de côté. »

Les
propos de Guillaume appuient ceux du journal Finance et Investissement qui nous
fait remarquer que « les jeunes sont différents des générations qui les ont
précédés, ce sont des gens qui ont en général confiance en eux. Ils sont moins
inquiets que les baby-boomers. Ils sont jeunes et on n’arrête pas de leur dire
qu’ils devront travailler plus longtemps parce qu’on va manquer de main-d’œuvre
et que les régimes de pension ne sont plus les mêmes. Ils se disent que leur
retraite, ils vont la prendre à 70 ou 75 ans. » (2) À quoi je rajouterais
que certains passionnés se disent même qu’ils ne la prendront jamais! Ce n’est
donc pas pour la planification de leur retraite que ces derniers solliciteront
les services d’un conseiller en finances. À moins que des projets de familles
n’apparaissent à l’horizon?

 

(1)
Sondage effectué entre le 24 novembre et le 8 décembre 2015. Article paru sur
le site du  journal Finance et
Investissement,
http://m.finance-investissement.com/nouvelles/nouvelles-nouvelles/les-18-a-34-ans-estiment-ne-pas-en-savoir-assez-sur-les-placements

(2)
Article paru sur le site du
journal Finance et Investissement,
http://www.finance-investissement.com/nouvelles/recherche/retraite-trois-generations-se-prononcent/a/61705#sthash.XVaQtEQE.dpuf

 

Anny G.Légaré est représentante en épargne collective et stagiaire en assurance de personne