Il faut innover pour espérer
performer : les dirigeants québécois affirment avoir bien compris la
leçon. Mais rares sont ceux qui osent l’appliquer intensément et à large
échelle au sein de leurs entreprises.

Vous
voulez que votre entreprise performe? Une seule solution : innovez! Voici
l’une des principales conclusions du CEFRIO (Centre Facilitant la Recherche et
l’Innovation dans les Organisations) à la lecture des résultats de l’Autodiagnostic
de l’innovation par le numérique
. Durant plus d’un an, un millier de
dirigeants d’entreprises se sont inscrits sur la plateforme et ont répondu aux
différentes questions qui leur étaient posées. « Dans notre modèle, on montre un lien direct entre innovation
et performance. Performer, c’est la raison d’être de toute entreprise. Pour
s’améliorer, il faut donc innover », résume Claire Bourget, directrice
principale en charge de la recherche marketing au sein du CEFRIO.

L’objectif
des chercheurs était de mesurer la capacité à mettre en place les conditions
favorisant l’innovation et de confirmer les liens théoriques établis entre
innovation, usage du numérique et résultats des entreprises. Au sein des
sociétés, l’innovation peut intervenir à quatre niveaux : le produit, le
procédé, la commercialisation et l’organisation. En comparant avec un sondage
pancanadien mené en 2012, il apparaît de manière évidente que
l’innovation dans ces secteurs a doublé, voire triplé.

« Ces
quatre types d’innovations sont liés les uns aux autres », poursuit Claire
Bourget. « Une entreprise qui innove le fait rarement dans un seul
secteur. Si par exemple elle lance un produit différent, elle adaptera très
probablement ses procédés de fabrication, sa commercialisation,… »
Pourtant, un simple coup d’œil aux chiffres nous indique que les dirigeants
québécois innovent davantage au niveau du produit et de l’organisation :
plus de six entrepreneurs sur dix indiquent avoir investi dans ces secteurs
durant les 12 derniers mois.

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Le rapport du CEFRIO souligne à quel point les hautes directions se sentent
à l’aise par rapport aux innovations. 81% des répondants estiment ainsi être capable de composer avec elles. « On a pu voir un lien direct entre
le fait que la haute direction soit favorable au changement et l’innovation
dans l’entreprise. On sait que
 mettre en place
une culture et une structure qui favorisent l’innovation permet de mettre
toutes les chances de son côté. L’innovation, ça ne tombe pas du ciel. »

Modernes mais peu utilisées

S’il apparaît donc que l’innovation améliore les performances et que les
dirigeants y sont, dans l’ensemble, favorables, le CEFRIO note néanmoins que
toutes les technologies ne sont pas, pour l’heure, suffisamment utilisées. Le
courriel et les suites bureautiques sont bien sûr très populaires (au-delà des
90%) mais les chiffres chutent drastiquement pour les outils plus
« technologiques ». Seuls 30% des sondés font ainsi usage, à l’externe, de
logiciels de cyberconférence (comme Skype) et moins d’une entreprise sur trois
au Québec utilise intensément le
 cloud pour le stockage
de ses données. Les logiciels de gestion, les FAQ collaboratives, le
 data mining et les applications analytiques sont également
peu populaires. « Pourquoi? Tout simplement parce que la plupart des gens
ne savent pas forcément comment les utiliser », glisse la responsable des
recherches marketing.

Le fossé est donc
immense entre la volonté d’innover et l’usage réel de ces modernes outils
numériques. « On peut, malheureusement, être favorable à quelque chose
sans pour autant passer à l’action », avance Nicole Bourget. « Et
pour innover correctement, il faut mettre en place une gestion du changement,
des programmes de formation, un accompagnement des employés,…
 » 

Les outils pour innover sont là, le lien entre leur utilisation et la
performance est prouvé, la volonté des dirigeants est affichée : il est
temps de faire le grand saut!