Alors que Jobillico célèbre cette année son 5e anniversaire, l’entreprise de recherche d’emploi vient d’ouvrir un bureau à Toronto, première phase d’un développement qui se veut d’un océan à l’autre.

Sam Hamad, ministre du travail et responsable de la région de Québec a tenu à souligner l’ouverture en Ontario d’une succursale d’une entreprise de la Capitale-Nationale lors de sa récente visite dans la Ville-Reine dans le cadre du programme 1000raisons.quebec

« Nous sentons que les gens de Québec et du Québec en général sont contents et nous appuient », se réjouit Miguel Nadeau, chef de la direction de Jobillico.

Les compagnies québécoises font rarement le saut : « Quand tu en parles aux gens d’affaires et au milieu financier, ils te disent que la majorité du monde se casse la gueule en y allant. Il faut prendre son côté entrepreneur et fonceur et y aller », explique M. Nadeau.


Sam Hamad lors de sa visite au nouveau bureau de Toronto

Questionnés, M. Nadeau ainsi que Nicolas Chabot, président de Jobillico, sont confiants de parvenir à laisser leur marque à Toronto. Les défis pour la jeune compagnie sont toutefois importants.

Un travail d’éducation

Le relatif anonymat de Jobillico dans les milieux anglophones nécessite un certain travail d’éducation. « Aujourd’hui, tu vas en Ontario et tu demandes à des gens s’ils connaissent Jobillico, est-ce qu’ils te répondent oui ? La majorité du temps, c’est sûr que non », confirme M. Nadeau « Par contre, on est capable d’avoir 12 000 visites par jour parce que nous avons du contenu et de grands employeurs qui affichent des offres ».

Malgré l’ouverture très récente de leur bureau à Toronto, le marché canadien n’est pas nouveau pour la compagnie : « Contrairement à un manufacturier, qui doit mettre une équipe de vente ou de production là-bas, nous ça a été plus simple. Déjà, du Québec, on avait des entreprises qui étaient pancanadiennes qui faisaient de l’affichage et tranquillement ça s’est étendu. On n’était pas lancé là-bas et on avait des milliers de visites et des candidats », ajoute M. Nadeau.

Une startup au sein de Jobillico

Selon les deux entrepreneurs, il est important que les nouveaux employés du bureau de Toronto comprennent et adhèrent à l’état d’esprit qui a permis à Jobillico de se tailler une place dans un marché compétitif et qui, encore aujourd’hui, différencie la compagnie de ses concurrents.

« Le moteur de Jobillico a toujours été ses employés, sa folie et son ambition. Là-bas c’est une succursale, mais il faut les aider à voir ça comme une startup au sein de Jobillico et à recréer la magie du début à Québec », détaille M. Nadeau.

« Tu n’es pas l’employé numéro 72, tu es quelqu’un qui vient de se joindre à une startup et qui va changer le marché de l’emploi en Ontario » – Miguel Nadeau

La décision d’ouvrir un bureau au centre-ville de Toronto est une autre manière de recréer la culture de Jobillico et de rappeler l’origine de la compagnie dans le quartier Saint-Roch. « Ça aurait été simple au début d’aller dans des quartiers plus loin, moins cher du pied carré. Par contre, on voulait que ce soit accessible et que ce soit un environnement tendance », explique M. Nadeau, « Ça attire les jeunes professionnels qui sont intéressés par ça et en même temps c’est une manière de dire au marché qu’on ne s’en va pas seulement tâter le marché, mais qu’on y va pour de vrai », ajoute-t-il.


Je me considère comme un bâtisseur – Nicolas Chabot

Le vrai test

Confiants du succès de cette étape de leur développement, les deux entrepreneurs sont toutefois conscient que beaucoup de travail reste à faire. « L’équipe de gestion se lance à l’aventure. On vient d’agrandir nos horizons, mais nous venons aussi de faire évoluer nos rôles», explique M. Nadeau.

« Je pense qu’on avait besoin de ça », ajoute M. Chabot. « On est comme ça. Nous sommes des entrepreneurs. Je me considère comme un bâtisseur. C’était notre défi, notre mission depuis le jour un, d’être Coast to coast ».

L’ouverture du nouveau bureau force également les deux gestionnaires à s’éloigner de Québec, les forçant à se reposer sur la structure et l’équipe qu’ils ont mis sur pied à Québec durant les cinq dernières années. Le vrai test pour Jobillico selon eux.

Jobillico

Ce qui fait la différence entre Jobillico et un Job board traditionnel est l’accompagnement du client à toutes les étapes du processus de recrutement.

En travaillant avec les entreprises sur leur profil d’entreprise et sur les descriptions de poste, Jobillico propose d’aider ses clients à mieux se présenter sur le marché de l’emploi. « Souvent, il y a un gros écart entre ce que l’entreprise va dire et ce qu’elle va présenter comme contenu en terme de recrutement », explique M. Nadeau.

« Tu cherches un soudeur, moi je suis un soudeur et j’hésite entre toi et le gars de l’autre bord de la rue. Pourquoi j’irais chez vous ? Les entreprises ont toujours quelque chose d’intéressant et d’enrichissant à dire, mais tu ne le vois pas nulle part », donne-t-il comme exemple.  

« Nous avions créé Jobillico au départ pour aider les PME. Tous les outils de recrutement qui existaient étaient quand même très chers. En sachant que 80 % des offres d’emploi n’étaient pas affichées à cause du coût, quelle option restait à la PME ? Jobillico nous permet d’aller les chercher et d’afficher toutes leurs opportunités de carrière toute l’année de façon illimitée », renchérit M. Chabot.

Cet accompagnement à long terme des clients est ce qui fera la différence à Toronto selon Miguel Nadeau : « Quand on arrive à Toronto on n’arrive pas seulement comme un nouveau joueur, mais on arrive avec une nouvelle offre aussi ».


« On est un peu comme un site de rencontre avec employeurs. Peut-être que l’entreprise n’est pas ouverte aujourd’hui à trouver l’amour, mais on va continuer à lui faire rencontrer du monde. On ne sait jamais sur qui elle peut tomber qui pourrait changer sa vie », ajoute-t-il.


Crédits photo: Jobillico – Miguel Nadeau avec des membres de l’équipe de Toronto