Motivé
par l’appât du gain, mais aussi pour satisfaire son besoin de contrôle, l’être
humain recherche constamment de nouvelles méthodes d’analyse lui permettant de
prévoir le comportement futur des marchés boursiers. Que ce soit par
l’intermédiaire d’ingénieurs financiers, de mathématiciens ou des professeurs
d’économie, les firmes de Wall Street investissent des sommes astronomiques
pour trouver la formule gagnante.  Selon
moi, cette quête est futile pour deux raisons. D’une part, il est impossible
d’obtenir un modèle de prévisions financières assurant un taux de réussite à
100% (des transactions non profitables sont une réalité à la bourse) et, d’autre
part, il existe déjà un outil d’analyse à fort pourcentage de succès : l’indicateur
du Super Bowl…  

 

Selon la
théorie de cet indicateur, l’équipe qui remporte la partie ultime offre une perspective
boursière haussière si elle représente la conférence nationale (National Football Conference – NFC). A
l’inverse, l’équipe gagnante, si elle est issue de la conférence américaine (American Football Conference-AFC),
suggère un marché à la baisse. Depuis 1967, cet indicateur a visé juste dans
plus de 80% du temps.

 

Le 7
février 2016, les Broncos de Denver ont remporté la 50e édition du Super
Bowl en disposant des Panthers de la Caroline par la marque de 24-10. Compte
tenu que cette formation fait partie de la conférence américaine, la croyance
voudrait que le S&P 500, l’indice de référence américain, procure un
rendement négatif d’ici la fin de l’année.

 

La corrélation n’implique pas la
causalité

 

En dépit
de sa probabilité de réalisation élevée, la prudence est de mise avec ce type
d’indicateurs. Effectivement, il est essentiel de différencier les notions de
corrélation et de causalité. D’un point de vue statistique, deux événements
peuvent être liés, c’est-à-dire que le résultat de l’un semble être la
conséquence de l’autre.  C’est ce que
l’on appelle une corrélation. Cependant, il faut poser la question
suivante : est-ce qu’il existe réellement une relation de cause à effet,
c’est-à-dire une relation de causalité? Une étude effectuée par David Leinbewer
démontre bien ce point: entre 1983 et 1999, nous pouvons observer que la
production de beurre au Bangladesh justifierait 75% de la variation des
rendements du S&P 500.  Comme pour le
résultat d’une partie de football professionnel, il est évident que cette
donnée n’est aucunement liée à la performance boursière américaine.

 

Malheureusement,
les médias financiers utilisent à outrance ce genre d’indicateurs. Par exemple,
l’indicateur du baromètre de janvier tente de prédire la performance du S&P
500 en se basant uniquement sur le rendement enregistré lors du premier mois de
l’année. En suivant la logique de ce type d’indicateurs, si l’indice affiche un
gain, il faudrait être optimiste alors qu’en situation de perte, il faudrait
être pessimiste. Par ailleurs, si nous observons l’indicateur de l’édition
maillots du magazine Sports Illustrated,
la nationalité du modèle en couverture aurait lui aussi un pouvoir prédictif. Un
mannequin d’origine autre qu’américaine indiquerait un rendement positif pour
le marché boursier de son pays sur une période de quatre ans. Pour certaines
éditions antérieures, le résultat est impressionnant : en 1993, à la suite
de la présence de Vendela Kirsebom en page couverture, l’OMX Stockholm,
l’indice de référence suédois, a gagné 263% !

 

C’est
pourquoi l’investisseur doit développer une approche rigoureuse basée sur des
nouvelles, des statistiques et des données qui sont pertinentes. De plus, il
peut recourir aux services de différents spécialistes tels qu’un courtier en
valeurs mobilières, un conseiller financier ou un planificateur financier afin
de mieux naviguer dans un environnement où l’information superflue abonde.

 

Sources

 

Eric
Fry, Bikinis and Bolsas: The Sports Illustrated Swimsuit Indicator, Of Wealth,
July 21, 2015.

 

Larry
Swedroe, What Butter Production Means For Your Portfolio, MoneyWatch, April 29,
2013.