Pour aborder le remuant
thème de l’immobilier, Nota Bene avait réuni ce jeudi soir Michel Dallaire, Pierre Thibault et Daniel Laprise. Trois hommes
passionnés qui ont vanté les bienfaits de l’audace et de la prudence.

Dans la province de Québec, les bâtiments commerciaux et institutionnels poussent
comme des champignons. La Capitale Nationale n’est pas épargnée par cette vague, elle qui devrait accueillir d’ici quelques années un Phare haut de 250 mètres. L’occasion était donc parfaite pour l’organisme
Nota Bene d’organiser
une conférence sur le thème de l’immobilier. Une réunion qui s’est d’ailleurs tenue au
Carré des Affaires, une structure, elle aussi, flambant neuf.

Face aux nombreux
entrepreneurs, professionnels de la construction et curieux présents ce jeudi soir,
l’architecte
Pierre Thibault a indiqué que l’une des erreurs majeures longtemps
commises au Québec aura été de bâtir en se concentrant uniquement sur deux valeurs, l’économique et la
logique constructive. « Ce qu’on bâtit et ce que ça nous coûte. Alors qu’il
y a deux autres aspects, tout aussi importants : l’humain et le culturel.
Ce ne sont pas les murs qui importent mais ce qui se passe à l’intérieur de ces
murs. Les écoles et les hôpitaux doivent mener à l’apprentissage et à la
guérison et les bâtiments, les murs, les espaces peuvent aider à cela. »

Vision, audace, prudence

L’élément humain
occupe également une place importante dans la carrière de Michel Dallaire,
président de
Cominar et du Groupe Dallaire. « Depuis mes débuts, je
m’entoure de gens avec qui j’ai des atomes crochus », a-t-il glissé.
« Et il vaut mieux : je passe plus de temps avec mes vice-présidents
qu’avec ma propre épouse! »

Et l’hommes
d’affaires de poursuivre en énonçant les trois principes qu’il a faits siens :
vision, audace et prudence. « La vision et l’audace, c’est oser aller plus
loin que les concurrents. Mais il faut toujours rester conscient des risques
pris. La veille de signer des projets de taille, je suis incapable de
m’endormir. Ai-je fait le bon choix? Comment ce dossier va-t-il
évoluer? J’ai toujours des doutes et des craintes. Le jour où je
n’en aurai plus, je me poserai des questions », confie celui qui avoue avoir appris
la prudence la première fois qu’il a perdu de l’argent. 
« Il faut apprendre de ses échecs. Ce sont eux qui m’ont fait grandir. »

Profils généralistes

« Moi aussi,
j’ai toujours voulu m’entourer des meilleurs : ils te coûtent peut-être
plus cher mais ils t’apportent et te rapportent tellement », embraie
Daniel Laprise. Le fondateur des
Maisons Laprise défend l’idée que les
entrepreneurs se doivent d’être généralistes. « Pour
percer, il faut être bon en tout : en marketing, en finances, en ventes,
en relations humaines,… Chaque entrepreneur a un profil différent, certes,
mais qui doit présenter ces différents aspects. »

Pressés de
questions mais limités par le temps, les trois hommes auraient sans doute pu
échanger durant des heures sur leur principal point commun : la passion.
« Si tu n’aimes pas ce que tu fais, arrête tout de suite », résume Daniel Laprise. Les étudiants présents sourient, les entrepreneurs plus
expérimentés opinent. Le message est bien passé.


(De gauche à droite: Pierre Thibault, Michel Dallaire et Daniel Laprise – Photo Josée Painchaud, gracieuseté Nota Bene)