Nixa, une entreprise montréalaise de développement web, a ouvert à l’automne 2015 un bureau à New-York et planifie en ouvrir un en Asie du Sud-Est en 2016. Visiblement, tout se porte bien pour la compagnie. Il était donc de circonstance de poser quelques questions à son co-fondateur, Marc F. Adam.

Guide entrepreneur : Tout d’abord, quelle est votre histoire ? 

Marc F. Adam : J’ai commencé à bâtir des sites web à l’âge de 10 ans. Mes premiers revenus sont arrivés d’un site qui s’appellait alors Nixia World. Je présentais un répertoire de webcams qui diffusait en direct de plus de 3000 endroits dans le monde. Il faut se rappeler qu’au début des années 2000, la webdiffusion en direct était quelque chose de nouveau et ça attirait beaucoup de curieux. Avec le trafic, je réussissais à tirer quelques revenus publicitaires. Pour un enfant, c’était tout un exploit ! Je crois qu’à l’époque, ma mère ne se doutait pas que je passais toutes mes nuits blanches à coder.

À 14 ans, je suis entré dans la deuxième cohorte du programme micro-informatique du Ministère de l’Éducation. Nous apprenions la réseautique ainsi que la programmation de bas niveau. Au bout du programme de deux ans, nous étions certifié CISCO CCNA, une certification recherchée permettant de travailler en réseautique.

Je travaillais déjà à temps plein malgré l’école et mes projets informatiques qui prenaient mes nuits. Débrouillard, j’ai pris un appartement à 15 ans. L’école m’ennuyait donc j’ai décroché. Ça a duré quelques années, puis je suis déménagé à Montréal à 17 ans afin de terminer mes études secondaires puis entrer à en Administration des Affaires et des Technologies de l’Information à l’École des Sciences de la Gestion de l’UQAM. C’est là que ma vie a changé.

J’ai fait la rencontre de William, aujourd’hui mon partenaire d’affaires dans l’entreprise. Nous avions un profil semblable et des intérêts communs, malgré nos expertises différentes. J’ai proposé à William de partir en affaires. Comme nous avions fait du web toute notre vie, cette voie était naturelle. Nous n’aimions pas ce qui se passait dans l’industrie : les entreprises se tournent vers des solutions de qualité moyenne comme WordPress et les clients, ne connaissant pas la programmation, ne comprennent pas toujours ce qu’ils achètent. Nous avons donc décidé de créer un modèle d’affaires unique, basé sur l’éthique et la transparence, puis avons démarré l’entreprise. 
Quand avez-vous lancé votre entreprise ?

Nixa a été lancée à l’hiver 2013. Nous avons engrangé nos premiers revenus vers le printemps 2013, soit après quelques mois de vache maigre. Nous avons rapidement pris des bureaux au Château St-Ambroise et avons dû déménager 4 fois depuis en raison de la croissance. Nos bureaux sont maintenant situés dans le Vieux-Montréal. Nous avons également un bureau à Brooklyn depuis novembre 2015 et ouvrons un bureau en Asie du Sud-Est dans le premier trimestre de 2016. D’autres projets d’expansion sont sur la table pour 2017.

Quelle est votre offre de service/spécialité ? 

Nixa offre des services de développement web (design, intégration, programmation frontend et backend, hébergement et gestion) en externalisation. Nous sommes spécialisés dans la livraison de produits complexes, hauts de gamme et sur mesure. Nos clients sont principalement composés d’agences de communications/marketing, de firmes de relations publiques, de compagnies logicielles et de grandes entreprises qui sous-traitent en tout ou en partie leur développement web. Nous livrons des sites web, des applications web et mobiles ainsi que des logiciels de gestion le plus souvent sur mesure et toujours dans les temps. Il n’y a aucun projet trop complexe pour l’équipe de Nixa.

Parlez-moi de votre équipe.

Je parle beaucoup de notre équipe, car c’est la ressource la plus importante que nous avons. Nixa embauche aujourd’hui 14 personnes et prévoit croître à 20 personnes dans le prochain mois. Nous serons 26 au printemps. Nos expertises sont variées : design, intégration, gestion de serveurs, programmation frontend, programmation backend, SEO, management.

Nous croyons qu’offrir la meilleure expérience de travail est le moyen le plus efficace pour la motivation de tout un chacun. Notre équipe profite donc d’horaires flexibles, d’un frigo toujours rempli et d’une liberté de travail enviable. Finalement, nous avons la chance de travailler sur une multitude de projets tous plus excitants les uns que les autres. Ces éléments font en sorte que notre taux de roulement est presque nul. On ne s’ennuie jamais chez Nixa !
Quel est votre objectif avec votre nouveau bureau à New York ?

Le marché américain représente 20 fois les dépenses web faites par les entreprises canadiennes. La proximité du corridor « BosWash », qui s’étend de Boston à Washington fait de ce marché de 55 millions de personnes une alternative très intéressante par rapport à l’Ouest canadien. Nos efforts sont principalement centrés sur New York et Philadelphie (44 millions de personnes dans un rayon de 200 miles). Or, les deux destinations ne se trouvent qu’à 1h de train l’une de l’autre et une heure d’avion de Montréal. Je peux donc m’y rendre rapidement et être de retour à Montréal dans la même journée. Ce ne serait pas possible avec un bureau à Vancouver.

Or, le modèle d’affaires de Nixa est unique en Amérique du Nord. Les entreprises américaines ont les mêmes besoins de sous-traitance que les firmes canadiennes, mais avec quelques années d’avance sur les investissements technologiques. Nous faisons face à une forte concurrence asiatique, mais les entreprises américaines qui ont essayé la sous-traitance asiatique en programmation rapatrient rapidement leurs activités en raison des problèmes de contrôle, de qualité et de communication qu’ils ont eu à faire face dans les dernières années. La délocalisation à l’international n’est plus une option rentable. Le nearshorring (l’inverse du offshorring) est le modèle que Nixa implante présentement aux États-Unis.

Quelle est votre vision pour la prochaine année ? 

Je désire conforter notre présence aux États-Unis, accroître notre base à Montréal et ouvrir avec succès notre bureau d’Asie. Nixa bénéficie d’une croissance enviable dans les trois chiffres, il faut donc garder le cap et s’assurer que le tout se fasse dans la pérennité de l’entreprise et de son équipe.