Depuis la fin de l’année 2012 jusqu’à son sommet historique enregistré en août 2015, le titre de l’entreprise québécoise Valeant Pharmaceuticals International Inc. (VRX) a produit un rendement extraordinaire de plus de 300%. Durant cette période, plus précisément en mars 2015, la firme Pershing Square Capital Management, dirigée par le célèbre investisseur activiste Bill Ackman, a annoncé une première participation de 5,7% dans la compagnie.

Toutefois, au cours de l’automne 2015, la firme Citron Research, spécialisée dans la vente à découvert, a accusé le géant pharmaceutique de manipuler ses revenus d’exploitation par l’intermédiaire de pratiques d’affaires douteuses. Par conséquent, l’action VRX a perdu plus de 50% de sa valeur. Néanmoins, Pershing Square Capital Management a décidé d’acquérir 2 millions d’actions supplémentaires en octobre 2015. Un mois plus tard, elle a augmenté sa participation à 9,9% dans la compagnie en utilisant des stratégies d’options (une combinaison de ventes d’options de vente et d’achats d’options d’achat).

 

Une stratégie à proscrire

Bill Ackman a donc profité de la baisse fulgurante de l’action VRX à l’automne 2015 pour augmenter la position de sa firme : à la fin du mois d’octobre, Pershing Square Capital Management détenait 19,5 millions d’actions à un coût moyen de 183,57 $US. Depuis la mise en place des structures d’options en novembre, elle possède plus de 34 millions d’actions à un prix moyen de 113,76 $US. Avec un cours actuel de l’action se transigeant sous 100 $US, l’investissement dans Valeant Pharmaceuticals International Inc. affiche une perte non réalisée de 13%.

Ainsi, une question s’impose : est-ce une bonne stratégie d’ajouter du capital à une position perdante?

À première vue, l’idée peut paraître intéressante puisque, lorsqu’un titre recule, il est possible d’accumuler davantage d’actions tout en diminuant son coût d’acquisition. Or, cette stratégie représente une mauvaise habitude d’investissement.

Tout d’abord, une action cotée en bourse peut perdre toute sa valeur à la suite d’allégations de fraude (ex. : Enron, Bre-X Minerals). De plus, la performance financière d’une compagnie peut fluctuer considérablement à travers le temps, et ce, peu importe son statut. En effet, certaines entreprises considérées comme des leaders dans leur industrie par le passé ont fini par disparaître (ex. : Eastman Kodak, Lehman Brothers). D’après Ray Wang, directeur de la firme Constellation Research, moins de la moitié des entreprises faisant partie du Fortune 500 en 2000 figuraient encore dans ce prestigieux classement en 2014. Enfin, une pondération accrue dans un titre perdant comme Valeant Pharmaceuticals International Inc. peut affecter la performance d’un portefeuille. D’ailleurs, malgré une année exceptionnelle en 2014 (+40%), le fonds géré par Bill Ackman affiche un rendement négatif en 2015.

 

Gestion du risque

Peu importe la qualité de son analyse financière, l’investisseur doit reconnaître que chaque transaction peut être perdante. Il est donc essentiel qu’il adopte des principes de gestion du risque tels que prévoir un montant de perte maximal par position, prôner une diversification sectorielle et géographique et appliquer des règles strictes (ex. : placer d’avance les ordres stops, limiter le poids d’un titre dans le portefeuille, évaluer régulièrement le potentiel de rendement de chacun des titres).

Crédits photo: cnbc.com

Sources

Sue Chang, Bill Ackman’s hedge fund sinks 24.5% as Valeant craters, MarketWatch, November 19, 2015.

Tyler Durden, Bill Ackman triples-down on Valeant: Boosts stake to 9.9% by buying calls, selling puts, Zero Hedge, November 23, 2015.

Teresa Novellino, Don’t get cozy, Fortune 500: it’s do-or-die time for digital disruption, says this author, Upstart business journal, June 4, 2015.

Everett Rosenfeld, Ackman raises stake in Valeant to 9.9% from 5.7%, CNBC, November 23, 2015.