Si vous étiez entrés à la Brûlerie St-Roch il y a environ cinq ans, vous auriez peut-être aperçu deux vétérans d’Ubisoft à Québec en pleine conversation… animée. Denis Doré et Patrick Beaulieu ont investi le lieu pour discuter de leurs projets. Ils ont rapidement réalisé que leurs ambitions pouvaient en fait se résumer en une seule idée : une entreprise leur ressemblant qui leur permettrait de créer des animations 3D de qualité mondiale. La naissance de Squeeze Studio Animation.


« Patrick voulait démarrer un projet. C’était un artiste qui voulait faire quelque chose, mais il tournait en rond parce qu’il lui manquait des éléments. Moi, j’étais à la recherche de mon prochain déclic », se souvient Denis Doré. 

« On était comme des enfants qui bâtissent quelque chose », se remémore-t-il. Durant environ un mois, les deux aspirants entrepreneurs font de la Brûlerie St-Roch leur quartier général. « Une fois qu’on a identifié un marché et qu’on a réalisé qu’on pouvait rassembler les meilleurs animateurs, le reste, ça a été d’exploser le rêve ».

Les deux sont crinqués et leur grand projet prend forme : ils vont créer un studio d’animation 3D qui offrira à la fois du service et des créations originales : Squeeze Studio Animation. Durant le mois suivant, ils se donnent rendez-vous presque tous les jours, toujours à la brûlerie, pour concrétiser leur projet.

Les services que l’entreprise offre à ses clients lui permettent de se donner les moyens de ses ambitions et de créer un produit unique de qualité. Avec cette formule hybride, maintenir le cap devient un véritable défi. « Il y en a qui font du service et qui restent coincés dans le service toute leur vie. Ce n’est pas mauvais, mais ce n’est tellement pas moi, ni Patrick », explique Denis. Ce qui ressemble à Denis et Patrick, c’est un produit de qualité, tant au niveau du service que de la création originale.

Cinq ans plus tard, les clients de Squeeze sont les gros joueurs mondiaux de l’industrie de l’animation. Tout en parvenant à livrer un service de qualité à Disney, Marvel, Microsoft, Samsung et beaucoup d’autres, Squeeze est arrivé à créer et mettre en marché sa première série originale : Cracké. Il s’agit du rêve ultime pour la jeune entreprise qui depuis le début espère briller à l’international avec des produits phares, la meilleure manière, selon Denis, de créer de la valeur à long terme. 


L’équipe est reine

Au final, une entreprise centrée sur la création, de qualité de surcroît, ne nécessite pas grand-chose de plus que des ordinateurs et des cerveaux. Dans ce domaine, l’équipe est reine. Afin de réussir leur pari, Denis et Patrick ont su s’entourer de la crème. « Aussi longtemps que nous serons une gang, ça va être le fun. Si un jour l’équipe devient juste un panier de ressources, on va avoir perdu notre dignité », explique Denis.

Selon lui, le meilleur moyen pour attirer le talent est d’offrir des emplois stimulants aux créateurs avides de rapidement avoir un impact. « Les gens qui viennent et qu’on va chercher veulent changer les choses. Tout le monde a plus d’impact sur la compagnie que dans une grosse boîte. Dans une compagnie imposante, tu accèdes vite à la ligue nationale, mais tu es un tout petit morceau », ajoute le cofondateur.

Dès la fondation de l’entreprise, c’est déjà par le talent de son équipe que Squeeze se démarque. Les deux comparses ont procédé rapidement à l’embauche de cinq employés qui sont rapidement devenus le noyau de la compagnie. À eux sept, ils pouvaient se réclamer de plus de 50 projets d’envergure en animation et jeux vidéo. 

Un monde sans frontières

« Je suis ravi de la place qu’occupe Squeeze dans l’écosystème de Québec », ajoute fièrement Denis. Il fait ainsi remarquer qu’après plus d’une décennie à Québec, les grosses entreprises telles qu’Ubisoft, Beenox et Frima ont eu des retombées et essaimé d’autres entreprises technologiques et créatives dans la Basse-Ville de Québec. Au fil des ans, ces entreprises sont devenues des pépinières de talents qui sont par la suite allées s’établir ailleurs, comme Denis et Patrick. 

Selon Denis, le plus grand avantage d’une industrie comme celle de l’animation 3D est de pouvoir viser la planète immédiatement. « On se disait qu’on était mûrs pour un gros pain, un gros pain international. Dès le début, c’était le but », indique Denis. Selon lui, le numérique ouvre une nouvelle ère d’opportunités aux entreprises québécoises. Il suffit de voir grand. 

[Extrait de « Denis Doré & Patrick Beaulieu, Changer son monde un dessin à la fois », Magazine Guide Entrepreneur]

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