Le PDG et cofondateur de Google, Larry Page, a annoncé, le 10 août dernier, une importante réorganisation de la structure de l’entreprise. Celle-ci est principalement constituée de la création d’une société mère, baptisée Alphabet (http://abc.xyz). Cette nouvelle, loin d’être anodine, aura des impacts considérables. En bourse, l’expert Michel Villa analyse la réaction des participants au marché boursier.

L’entreprise

Avec plus de 170 acquisitions réalisées au fil des ans, dont les 10 plus importantes ont requis des investissements totaux de 24,5 milliards de dollars, Google est sans contredit l’une des plus polyvalentes firmes technologiques au monde. En plus de la classique recherche Internet, elle offre maintenant une multitude de services, tous plus innovateurs les uns que les autres. Preuve de sa grande diversification, elle œuvre actuellement dans le domaine de la santé, avec notamment des lunettes ou même des verres de contact « intelligents », sans parler des voitures sans conducteurs et des drones, pour ne nommer que quelques exemples. 

Retour sur l’annonce

Dans son annonce, publiée sur le blogue officiel de Google, l’informaticien de 42 ans a révélé que « dans l’industrie de la technologie, où les idées révolutionnaires dirigent les secteurs-clés de croissance, il faut être quelque peu inconfortable pour rester pertinent. »  C’est visiblement ce qu’il fera en créant la société Alphabet, qu’il dirigera avec le cofondateur de Google, Sergey Brin, qui agira à titre de président.
Aux dires de Page, Alphabet se résume en « un ensemble de compagnies, dont la plus grande est évidemment Google. Le nouveau Google se voit quelque peu aminci du fait que les filiales les plus éloignées de [son] principal champ d’expertise ont été retirées et transférées au sein d’Alphabet. »  La marque Google ne disparaîtra donc pas. En effet, un changement de nom ne serait pas à son avantage considérant son capital de sympathie assez puissant, de même que sa notoriété, Google étant d’ailleurs très connu à travers le monde. Par contre, celle-ci deviendra une filiale à part entière du groupe Alphabet, et sera maintenant dirigée par Sundar Pichai – une étoile montante  au sein de Google. 
Cette nouvelle orientation permettra sans doute aux unités concernées de mieux se concentrer sur leurs vocations premières respectives. Nous pouvons également comprendre que l’entreprise s’offre une plus grande marge de manœuvre, tout en se permettant de miser davantage sur ses idées les plus ambitieuses et créatives.

La réponse du marché

En bourse, l’annonce a eu l’effet d’une bombe. En effet, le titre de la compagnie a frôlé son sommet historique en gagnant plus de 4 %, et ce, dans un marché boursier qui a fermé à la baisse. Pour Michel Villa, formateur et spécialiste en analyse technique, le marché a donc accueilli très favorablement la nouvelle. 

L’avis de l’expert 

Le 19 août 1994, Google effectuait son entrée en bourse avec un prix d’émission à 85 $ US. À son 10e anniversaire, l’action avait gagné 1294 % lui procurant ainsi le 11e rang en termes de performance sur la période au sein du S&P 500, l’indice de référence pour les actions américaines de grande capitalisation (Russolillo, 2014). 
En 2014, afin de garder le contrôle sur la compagnie, le CEO Larry Page et le cofondateur Sergey Brin ont procédé à un fractionnement d’actions en créant deux catégories représentées par ces symboles boursiers : GOOGL (classe A-action avec droit de vote) et GOOG (classe C- action sans droit de vote). C’est pourquoi l’action avec le symbole GOOG se transige à escompte (perte de valeur attribuée à l’incapacité de voter), mais dans les faits, il n’y a pas de différence pour l’investisseur. Malgré cette controverse, le titre a atteint un nouveau record en juillet suite à la publication de ses résultats trimestriels.

Dans le monde de l’investissement, les participants font face à un barrage d’information provenant de différentes sources (les analystes financiers, les courtiers en valeurs mobilières,  les sites Web spécialisés en finance, les blogueurs, etc.) et, souvent, il est difficile d’obtenir une opinion éclairée pour une situation particulière.
C’est pourquoi je préconise l’adage suivant : Only Price Matters. Selon moi, la réaction des participants boursiers est plus importante que la nouvelle elle-même. Considérant que le titre a clôturé à la hausse de manière convaincante, le verdict a donc été positif.