La nouvelle en a étonné plus d’un : le 1er décembre dernier, un petit État bordant la mer Baltique a ouvert ses frontières virtuelles au monde entier en créant une « e-citoyenneté » accessible à tous les résidents du monde. Depuis, les médias se sont penchés sur la question et en sont arrivés à une conclusion : l’Estonie est le paradis virtuel des startups en Europe.

La citoyenneté numérique estonienne ne donne aucun droit de résidence sur le territoire, comme y voyager sans restriction ou encore y établir un domicile fixe, mais dessert plutôt un besoin d’affaires. Une identité en ligne reconnue par un gouvernement peut servir à réaliser des transactions, mais aussi à apposer une signature électronique confirmée et vérifiée, donc crédible. D’ailleurs, les citoyens estoniens votent et payent leurs impôts via cette e-signature.

Jusqu’à présent, l’offre est intéressante pour des entreprises de moyenne ou de grande taille cherchant à développer leur clientèle européenne, mais pourquoi est-ce si alléchant pour les startups? Après tout, le taux d’imposition corporatif fixé à 20% est loin de se comparer à ceux des paradis fiscaux les plus connus.

Julien Brault, journaliste économique pour Les affaires, a récemment obtenu sa citoyenneté numérique estonienne et explique que la clé réside dans le fonctionnement du système d’imposition, qui s’applique uniquement lorsque les entreprises versent des dividendes à leurs actionnaires. Si tout est réinvesti dans la croissance, l’Estonie vous laisse tranquille!

Le pays d’à peine 1,3 millions d’habitants compte être le pionnier en matière de création d’entreprise. Le gouvernement prétend même qu’il ne faut que 18 minutes en ligne pour y parvenir, un défi que n’a pas encore relevé le journaliste Julien Brault. En revanche, il confirme que l’initiative de l’Estonie ne passe pas inaperçue.

« Les banques et le gouvernement estonien ne sont pas les seules organisations à utiliser le système d’authentification de l’Estonie, que tous les développeurs d’applications qui le souhaitent peuvent intégrer à leur service en ligne, écrit-il. Notamment, Fundwise, un concurrent européen de Kickstarter, permettra sous peu aux e-résidents de l’Estonie de s’identifier grâce au système. »

Voilà qui saura certainement attirer les entrepreneurs de partout dans le monde. Qui sait, votre prochain projet verra peut-être le jour en Estonie!