Capital de risque au Québec: 34 % des rondes de financement

Capital de risque au Québec: 34 % des rondes de financement

Dans une étude dévoilée voici quelques mois, PwC dresse le portrait de l’offre en capital d’investissement dans le paysage québécois. Pour y parvenir, quelque 1 944 rondes de financement réalisées entre 2012 et 2014 ont été analysées, soit une moyenne annuelle de 648 rondes d’une valeur globale de 10 milliards $. Jamais une telle valeur n’avait été enregistrée.

Au Québec, le capital de risque compte pour 34 % de toutes les rondes en capital d’investissement, mais pour seulement 9 % des capitaux investis. Ce qui prouve, une fois encore, que si les investissements dans les premières phases du développement d’une entreprise sont plus rares (car plus risqués), ils sont également plus timides.


Une carte redessinée

Les différentes régions du Québec ne connaissent évidemment pas le même succès. Sans surprise, Montréal récolte, durant les trois années étudiées, près de 4 rondes sur 10 (759 rondes, soit 39 %). Certains analystes montréalocentristes s’attendaient à ce que la métropole accapare plus de la moitié des rondes d’investissements, mais le reste de la province fait mieux que se défendre. La Montérégie (13 %) et Québec (9,1 %) complètent le podium. Plus étonnante est cette quatrième place du Saguenay-Lac-Saint-Jean/Côte-Nord : sans doute les industries du tourisme et de la fabrication se cachent-elles derrière cet excellent résultat.


La carte établie permet également de constater que le capital de risque est bien plus discret en région, conséquence logique du faible nombre d’entreprises liées aux technologies qui cherchent à s’y établir.


Mais dans quoi investit-on au Québec ? Trois secteurs concentrent la moitié des rondes enregistrées : les désormais célèbres TIC (technologies de l’information et de la communication), la fabrication (aérospatiale et agroalimentaire, notamment) et l’univers des mines et métaux. Particulièrement en vogue, les secteurs touchant aux technologies (TIC, Sciences de la vie et Technologies propres) concentrent à eux seuls 39 % des capitaux investis.

Des étrangers très technologiques

La vie d’une entreprise se divise en six phases : l’amorçage, le démarrage et le post-démarrage sont les stades concernés par le capital de risque ; le développement, le rachat et le redressement sont, quant à eux, rattachés au capital de développement. Si durant l’amorçage, la taille moyenne des rondes enregistrées n’est que de 1,4 millions $, elle prend rapidement de l’ampleur pour culminer, en phase de rachat, à 12,9 millions $. Les investissements gargantuesques restent toutefois chose rare dans nos contrées : seuls 20 % des rondes en capital de risque dépassent la barre des 5 millions $, un taux plafonnant à 35 % en capital de développement.

Les Québécois ne sont bien évidemment pas les seuls autorisés à investir dans les entreprises qui s’installent ou se développent sur les bords du Saint-Laurent. Les investisseurs étrangers (provenant des autres provinces canadiennes et des États-Unis, principalement) ont ainsi réalisé 36 % des opérations entre 2012 et 2014. En phase de post-démarrage, ce taux a même atteint les 47 % !


Pourcentage de toutes les rondes en CR et CD dans chaque fourchette de taille de ronde

Selon les données des 9 secteurs de l’étude entre 2012 et 2014


Capital de développement (CD)


Capital de risque (CR)



« Si la majorité des secteurs restent malgré tout dominés par les investisseurs locaux, les investisseurs hors Québec semblent particulièrement friands des TIC, un domaine au sein duquel ils ont injecté plus de la moitié du capital de risque au cours des trois années observées. La raison est des plus évidentes : dans ce secteur technologique, les frontières et les barrières n’existent pratiquement pas. À l’inverse, dans le transport ou l’aérospatial, fortement contrôlés et réglementés, tous les investisseurs en CR étaient installés à l’intérieur de la province », avance Michael Kamel, associé, Conseils et Transactions chez PwC.

Longtemps sous-estimée et méconnue, l’importance du capital d’investissement au Québec est désormais clairement démontrée et les capitaux disponibles n’ont jamais été aussi nombreux. Aux (futurs) entrepreneurs d’en profiter…


Principal cabinet d’audit et d’expertise comptable à l’échelle mondial, PwC accompagne les entrepreneurs vers le succès.


[Extrait de « PwC, Des investissements capitaux », Magazine Guide Entrepreneur]

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