Discuter échec pour nourrir l'innovation et l'entrepreneuriat!

Discuter échec pour nourrir l'innovation et l'entrepreneuriat!

Échouer, ça se
prépare, ça s’apprend et ça n’est pas insurmontable. Tel est le message que
différents conférenciers délivreront ce vendredi à Québec à l’occasion
du premier Fail Camp organisé hors de Montréal. Objectif : briser
les tabous.

« Je ne perds
jamais : soit je gagne, soit j’apprends. » Attribuée au regretté
Nelson Mandela, cette citation pourrait être le slogan du Fail Camp. Inspiré de
rassemblements consacrés à l’échec particulièrement populaires aux États-Unis
et notamment dans la technologique Californie, le Fail Camp a vu le jour à
Montréal voici deux ans. Il quitte la métropole pour la première fois et
débarque ce vendredi dans la Capitale Nationale. « Il y a actuellement
beaucoup de mouvement à Québec : autour du numérique et des jeux vidéo,
dans le quartier Saint-Roch, … Et qui dit communauté entrepreneuriale active et
dynamique, dit prise de risques et donc échec éventuel », glisse Francis
Gosselin, responsable de l’événement.

Contrairement à ses
équivalents de la côte ouest américaine, le Fail Camp canadien ne se contente
pas d’organiser des conférences, mais s’apparente plutôt à un média,
proposant notamment un blogue dynamique. Autre différence majeure : il ne
traite pas uniquement de l’échec dans l’univers des startups. « Tout le monde peut échouer : une entreprise
sociale, un homme politique, un sportif, … Tous ceux qui se lancent, qui osent
se mettre en danger. »

Si en démarrant
leur entreprise, les acteurs débordent généralement d’énergie, la plupart
d’entre eux se démarquent également par leur naïveté. Pour eux, l’échec n’est
même pas une option. « Et c’est totalement débile », soupire Francis
Gosselin. « Lors du dernier Fail Camp, Sylvain Carle (Founder Fuel) et
Sébastien Provencher (Acquisio) ont ainsi expliqué au public que la faillite,
l’échec, ça se prépare dès le départ, dans la manière dont on organise les
conventions, dans les planifications financières, … Il ne faut pas attendre
d’être à court de liquidités ou en pleine chicane avec ses partenaires pour en
parler. L’échec doit être vu comme une possibilité. C’est désagréable, certes,
mais éventuel. »

Différemment perçu

L’échec n’est pas
envisagé de la même manière aux quatre coins du globe. Le psychologue néerlandais
Geert Hofstede l’avait abordé sous l’angle de la distance par rapport au
pouvoir. La France, avec ses élites, ses structures et ses hautes écoles, est
plus craintive, moins ouverte à la prise de risques. Aux États-Unis, l’American Dream est ouvert à tous,
l’aversion pour l’échec est donc moindre. Et au Canada ? « Nous sommes un
peu entre les deux. Mais il y aurait énormément d’avantages à avoir une culture
plus ouverte. »

Autre différence de
taille entre les différentes nations : leur arsenal législatif et leurs
règlements financiers. « Au Canada, les lois sur la faillite ne pardonnent
pas ou presque par rapport à d’autres pays, comme les États scandinaves »,
pointe M. Gosselin. « Chez nous, il est difficile de recréer une
entreprise après un échec, il faut généralement attendre sept ans avant de
pouvoir se relancer. Il y a donc toute une promotion à faire sur l’aspect légal
du droit à l’échec. »

Le Fail Camp se
tiendra ce vendredi, dès 14h, au District Saint-Joseph, dans le quartier
Saint-Roch. Divers conférenciers prendront la parole, dont l’un des directeurs
de la Banque Nationale qui commandite l’événement ; le public pourra
également prendre la parole pour aborder ce sujet généralement tabou. Les
billets sont disponibles en ligne ou à l’entrée.



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