Noemie Dupuy, fondatrice de Budge Studios – Entre sagesse et folie

Noemie Dupuy, fondatrice de Budge Studios – Entre sagesse et folie

Dès le premier PowerPoint produit par la compagnie avant même sa mise sur pied en 2010, l’objectif des fondateurs de Budge Studios était clair : devenir le plus important éditeur d’applications jeunesses au monde. Après plus de 200 millions de téléchargements sur l’App Store, ce n’est toutefois toujours pas mission accomplie pour Noemie Dupuy, cofondatrice de l’entreprise montréalaise.


David Lipes, Michael Elamn et Noemie Dupuy étaient déjà responsables du succès d’une première entreprise, Wave Generation, spécialisée dans la création sonore pour les jeux vidéo. Après 10 ans dans le domaine de l’audio, le trio se rend bien compte que les possibilités d’expansion sont relativement limitées dans le domaine. Ils se mettent donc à la recherche d’un nouveau projet sur lequel concentrer leurs efforts entrepreneuriaux. 

Inspirés par leurs propres enfants, les associés se rendent compte que les tout jeunes sont obsédés par les téléphones intelligents et les tablettes, mais que bien peu de jeux appropriés et récents existent sur le marché. Ils y voient évidemment une magnifique opportunité.

Armés de cette idée, Noemie Dupuy et ses associés décident de conquérir le monde. « C’est dur en tant qu’entrepreneur de voir grand », déplore-t-elle. « Tu veux être humble, tu veux être réaliste et donc tu te dis que ce n’est pas possible d’être le plus grand, mais il faut avoir cette vision pour réussir ». Dès le début, Noemie et ses associés ont la vision d’une entreprise qui pourrait dominer son marché.

Noemie est fière de cette volonté qui est sienne de se remettre en question et de se renouveler à travers des projets qui évoluent constamment. « Pour être entrepreneur, il faut être réfléchi, mais également écouter son instinct. Il faut être fou, en fait », s’exclame la jeune femme.



Se remettre en question, c’est ce que Budge Studios a fait deux ans après sa fondation. La compagnie fonctionnait bien, mais les trois associés ont pris la décision de changer de cap. Jusque-là, l’entreprise ne réalisait que des coproductions avec d’autres studios, en général beaucoup plus gros. Budge développait des applications sans en être l’éditeur. Les parents se rendant sur l’App Store à la recherche d’applications ne voyaient pas le nom de l’entreprise. Les trois associés désiraient pourtant créer une relation avec ces consommateurs. Ils décident donc de devenir éditeurs de leurs propres jeux.

« On s’est dit : ça fonctionne, on a des téléchargements, mais les consommateurs ne savent même pas qu’on existe », se souvient Noemie. En plus du risque financier important, le modèle d’affaires de la compagnie est complètement chamboulé par la décision. « Ça a été difficile, on a presque recommencé à zéro pour rebâtir quelque chose, mais c’est la meilleure décision que nous ayons prise », ajoute-t-elle.

Maintenant, c’est le nom de la compagnie montréalaise que les parents voient en parcourant l’App Store.

La mentalité de startup qui anime toujours Budge après maintenant six ans est une question de survie pour Noemie : « Mes compétiteurs ne sont pas les géants de l’industrie. Nos compétiteurs, ce sont les jeunes dans leur sous-sol qui prennent tous les risques pour faire quelque chose de différent », détaille-t-elle. 

La créativité est au centre du succès de Budge. L’innovation est nécessaire, le danger étant de perdre cette créativité et son désir de changer les choses lorsqu’on franchit le cap des 100 employés. Heureusement, chez Budge, Noemie veille au grain : « On remet tout le temps les pendules à l’heure. Il faut vraiment innover en permanence », confirme-t-elle. 


Prendre sa place

Noemie Dupuy est-elle ambitieuse ? « Oui et non », répond-elle, préférant se qualifier, elle et son équipe, de visionnaires. « La vision, cela inclut tout le monde », explique-t-elle. « L’ambition, c’est trop personnel. »

Être entrepreneure était le rêve de Noemie, convaincue d’être exactement au bon endroit à la barre de Budge Studios. « Même au début, quand j’avais ma petite entreprise qui me permettait simplement de vivre, j’étais heureuse », se remémore-t-elle. « Pour moi, le bonheur ce n’est pas le succès, c’est faire ce que tu as envie de faire tous les jours en travaillant avec une équipe que tu as choisie. Et qui t’a choisie en retour. Sans les gens, il n’y a pas d’entreprises », philosophe-t-elle.

Malgré la croissance très rapide et forte de son entreprise, Noemie n’a toujours pas le sentiment du devoir accompli. Son entreprise continue de grandir et de se développer. « Je ne sens pas que j’ai réussi. Je sens encore beaucoup d’obstacles et j’ai une vision encore plus grande », confie l’entrepreneure, confiante en l’avenir.  

Cet article fait partie de l’édition « Leaders du changement » de Guide Entrepreneur.

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